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Le retour du skateboard au Québec

Entrée aux Jeux olympiques, 345 parcs répertoriés dans toutes les régions, des adultes qui remontent sur une planche : ce qui se passe, et ce qu'on peut en dire honnêtement.

22 octobre 20263 min de lectureblogue

Le skateboard occupe une place qu'il n'avait plus depuis longtemps. On le voit aux Jeux olympiques, dans les budgets municipaux et dans les parcs — où la moyenne d'âge n'est plus celle d'il y a vingt ans. Essayons de décrire ce phénomène avec ce qu'on peut réellement vérifier.

Le skateboard est devenu un sport olympique

C'est le fait le plus structurant. Le skateboard a fait son entrée au programme olympique aux Jeux de Tokyo — disputés en 2021 — puis a été reconduit à Paris en 2024.

Cette reconnaissance change deux choses. D'abord le regard des institutions : un sport olympique obtient des budgets, des fédérations et des programmes que n'obtient pas une « activité de jeunes ». Ensuite celui des parents, pour qui le skate devient un sport parmi d'autres plutôt qu'une pratique à décourager.

Ce que notre répertoire montre

Nous recensons 345 skateparks publiés au Québec, répartis dans toutes les régions administratives. Ce n'est pas rien : cela signifie qu'une large part des municipalités de taille moyenne dispose d'au moins un module.

La répartition est révélatrice. La Montérégie arrive en tête avec 54 parcs, devant Montréal (41) et les Laurentides (40). Autrement dit, l'essentiel de l'offre est en dehors du centre urbain — portée par des municipalités qui ont construit un parc de quartier.

Nous ne disposons pas de données historiques permettant de dire combien ont été construits ces dernières années, et nous ne l'inventerons pas. Mais l'ampleur du maillage actuel se constate.

Une pratique qui n'est plus seulement adolescente

C'est ce que voient tous les habitués : des adultes de trente, quarante et cinquante ans dans les parcs, souvent des gens qui roulaient à l'adolescence et qui reprennent.

Le phénomène a une logique simple. La génération qui a découvert le skate dans les années 1990 et 2000 a maintenant les moyens d'acheter une planche sans demander, et des enfants qu'elle amène au parc. Le skatepark municipal devient un lieu intergénérationnel — ce qu'il n'était pas.

Ce qui freine encore, concrètement

L'hiver. C'est l'obstacle numéro un, et il est mesurable : sur 345 parcs, trois sont intérieurs. Pour une pratique de quatre à cinq mois par an dans une bonne partie du Québec, c'est très peu. Les parcs couverts de Victoriaville, Trois-Rivières et Montréal portent à eux seuls toute la saison froide.

L'éclairage. Une trentaine de parcs seulement sont signalés comme éclairés. Dans un territoire où la nuit tombe avant 17 h une partie de l'année, un parc non éclairé perd ses soirées.

Ce sont deux leviers municipaux relativement peu coûteux comparés à la construction d'un parc.

Ce qu'on ne peut pas affirmer

Par honnêteté : nous n'avons pas de chiffres de pratique, pas de données de ventes, pas de statistiques de fréquentation des parcs québécois. Les articles qui annoncent des pourcentages de croissance s'appuient le plus souvent sur des données américaines, ou sur rien.

Ce qu'on peut dire tient en trois constats vérifiables : le skateboard est olympique, le Québec compte 345 skateparks répartis sur tout le territoire, et presque aucun n'est utilisable l'hiver.

Et après ?

La question intéressante n'est pas de savoir si le skate revient — il est là. C'est de savoir si les infrastructures suivront la pratique sur douze mois plutôt que sur cinq.

Si vous connaissez un parc intérieur que nous n'avons pas répertorié, dites-le-nous. Avec trois adresses pour toute la province, chacune compte.

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